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Brian Joubert : l’adieu d’un grand champion

21 février 2014

Désolée pour le peu d’articles en ce moment, mais voyez-vous c’est les JO. Et qui dit JO d’hiver, qui 15 jours de matage intensif de télé. Je suis donc en mode métro-boulot-JO non stop, j’ai un peu déserté le blog mais vu que c’est qu’une fois tous les 4 ans autant en profiter 😉 Ces olympiades à Sochi ont une saveur toute particulière pour l’amatrice de patinage artistique que je suis, car il s’agissait de la dernière compétition du patineur Brian Joubert.

© Reuters

© Reuters

J’étais donc devant mon écran pour chacune des compétitions de patinage. Particulièrement attentive dès l’entrée en lice des garçons. Le programme court de Brian Joubert m’a ravi. Solide, propre, ambitieux. De la part d’un patineur qu’on disait un peu dépassé, ça avait de la gueule. Oui, les notes, comme souvent avec ce sytème de notation, j’ai eu un peu de mal à les comprendre, mais qu’importe. Pour une dernière compétition, Brian Joubert démontrait qu’il n’avait pas eu sa carrière « par chance », et ça ça forge le respect. Vient ensuite le temps du programme libre, en partie énorme, avec deux quadruples. Du grand Brian Joubert comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Certes, tout n’a pas été parfait derrière, même si c’est resté solide. Une très belle prestation pour un au revoir, qui aurait valu mieux qu’une 13ème place en d’autres temps. Tout ça suivi d’une petite interview pleine d’émotions du jeune retraité, j’étais conquise.

Alors oui, certes. L’homme n’est pas exactement ce qu’on peut appeler charismatique, ce n’est pas une image très sympathique et proche qu’il a développé via les médias tout au long de sa carrière. Loin d’être l’équivalent d’un Candeloro, Brian Joubert est toujours resté réservé, presque un peu renfermé, pas vraiment un communicant. C’est vrai qu’il a pu avoir des propos malheureux dans le passé. Et même des choix de carrière difficiles à comprendre et à suivre, je fais partie de ceux qui pensent qu’il aurait pu développer un autre potentiel, une autre envergure en s’exilant loin de Poitiers. Certes, la gestion hasardeuse de la Fédération Française des Sports de Glace a joué son rôle aussi, mais je pense vraiment que Brian Joubert aurait eu tout à gagner à partir à l’étranger, confronter totalement son style aux réalités des demandes du nouveau système de notations, se sortir de sa zone de confort.

Mais pourtant. Brian Joubert restera pour moi LE patineur français référence. Pour son palmarès déjà. Un nombre incroyable de médailles, une constance qu’on a tendance à occulter car certes, il n’a jamais brillé aux Jeux Olympiques. Mais le reste voyons ! 6 podiums aux championnats du monde, dont 1 titre en 2007. Et surtout 10 podiums d’affilé aux championnats d’Europe : 3 titres, 3 médailles d’argent, 4 médailles de bronze. Je vous laisse admirer celui qui est pour moi son plus beau programme, sur la musique de Matrix, en 2004. Celui là même qui a permis de devenir champion d’Europe devant Plushenko, excusez du peu. J’ai longuement hésité avec son programme de 2007 sur Metallica, que j’aime beaucoup aussi..

Surtout, voir Brian Joubert quitter la glace, c’est presque comme dire adieu à une partie de ma vie. Car le jeune homme a mon âge, que je me souviens l’avoir croisé sur des patinoires lors de petites compétitions nationales, m’être dit qu’il était hors norme car il commençait à passer des quadruples à une époque où c’était une sacré révolution. Qu’il représente cette époque où j’étais à fond dans ce sport, cette génération de patineurs que j’ai vu progresser petit à petit en m’identifiant totalement à ce qu’ils pouvaient vivre, ressentir. Et surtout, il représente cet « ancien système » qui me manque tellement, ce sport que j’ai vécu de l’intérieur et que j’ai parfois du mal à reconnaitre aujourd’hui. Ce moment « d’avant » que j’ai tant aimé, et qui a clairement changé. Dire au revoir à Brian Joubert (et à Evgueni Plushenko d’ailleurs) à l’issue de Sochi, c’est dire définitivement adieu à un style de patinage. Merci les gars, c’étaient de grands moments de sport.

J’ai donc eu la larme à l’œil à la fin du programme libre de Brian Joubert (ok, dès qu’il est rentré sur la glace, j’avoue, je suis une petite nature). Ça va être dur de passer à la suite, le patineur français à prendre la relève n’est pas encore là…

Un grand merci à toi Brian, ça a été un plaisir de te suivre toutes ces années durant, tu es un immense champion ! Juste merci pour tout…

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